sur ce point, il se pourrait que la perception des risques liés au Covid ne corresponde pas à la réalité objective. À l’échelle du pays, selon les rapports officiels, le taux de mortalité dû au virus s’élève à 0,17 % de la population. Et rapporté au nombre de personnes contaminées, à 2,9 %, dont une grande majorité de personnes d’un grand âge.
De grands procès médiatisés ont, par le passé, dévoilé les « dessous » de pratiques qu’on peut qualifier de « mafieuses » (chantage, rapports scientifiques falsifiés, expérimentations non éthiques sur des populations pauvres, etc.). Est-il vérifiable que, face à l’opportunité que représente la pandémie, les firmes pharmaceutiques ne se sont pas une nouvelle fois livrées à un lobbying indécent, à des falsifications de données, au recours à une propagande de la peur ou à du chantage à l’emploi, etc. ? S’il n’y a peut-être là que des rumeurs, il est par contre avéré que les groupes pharmaceutiques qui font des profits colossaux avec leurs nouveaux vaccins ont contractuellement décliné toute responsabilité en cas de problèmes (reportant leur coût sur la collectivité). Une obligation vaccinale reviendrait à forcer une population à cautionner de telles pratiques et à s’en rendre passivement complice. Elle priverait chacun de son droit de s’y opposer pacifiquement, en refusant par exemple de consommer des remèdes produits dans de telles conditions.
La littérature spécialisée, dont les médias se font trop rarement le relais, prouve, autant sur le plan préventif (avec par exemple la mise sur le marché de sprays) que curatif (avec notamment l’usage maîtrisé de certains corticoïdes pour les formes sévères du Covid) que les recherches progressent et que la qualité des soins s’améliore. Certes, ces autres stratégies n’ont pas pour ambition de créer une immunité collective mais elles atténuent considérablement la dangerosité du virus et contribuent à diminuer significativement le nombre de décès et de complications.
Le virus ne s’arrête pas aux frontières. Dans le cas du Sars-CoV-2, le concept de santé publique n’a de sens qu’à l’échelle mondiale. Or, de ce point de vue, une question éthique saute aux yeux : celle de la justice distributive. En effet, malgré le programme onusien Covax censé distribuer des doses aux pays pauvres, on observe qu’à la mi-février de cette année 45 % des vaccins ont été accordés aux pays du G7, qui représentent 10 % de la population mondiale.
Chacune et chacun conclura comme elle ou il l’entend. Pour qu’une obligation vaccinale contre le Sars-CoV-2 soit éthiquement envisageable, il faut un danger imminent et avéré, une efficacité et une sécurité démontrées des vaccins sur le long terme, des modes de production éthiques, une absence d’alternatives et le respect d’un minimum de justice distributive sur le plan international. Chacun jugera si ces conditions sont aujourd’hui rencontrées. En cas de doute – et tant que rien ne viendra changer la donne -, le libre consentement doit rester la règle.
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